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Artists' Tarot and the Archive (« Tarot d’artistes et archives publiques ») et
Portraits as Portals (« Des portraits comme portails ») 

Nous sommes ravis de vous présenter Artists' Tarot and the Archive et Portraits as Portals, deux expositions organisées par DisplayCult qui étudient les archives à travers d’autres modes de connaissance, en particulier l’intuition.

Lieu : salle de lecture des Archives publiques de l’Ontario, 134 Ian Macdonald Blvd, Toronto, ON M7A 2C5
Dates : du 28 octobre 2024 au 31 mars 2025
Heures de visite : du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 17 h

Suzanne Treister, Hexen Tarot 2.0, sélection de cartes, 2012. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de DisplayCult.
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Suzanne Treister, Hexen 2.0 Tarot, sélection de cartes, 2012. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de DisplayCult.

Artists' Tarot and the Archive (« Tarot d’artistes et archives publiques ») 

L’exposition Artists’ Tarot and the Archive étudie les liens intrigants entre deux éléments apparemment sans rapport : le tarot et les archives publiques. Les jeux de tarot remontent au XIVe siècle, mais ils sont apparus comme une technique divinatoire avec la publication du jeu Etteilla par l’occultiste Jean-Baptiste Alliette à Paris en 1788. Il est intéressant de noter que cette date et ce lieu coïncident avec le début de la notion moderne d’archives publiques, qui s’est développée à la suite de la Révolution française en 1790, lorsque le nouveau gouvernement a regroupé les documents afin de systématiser la planification sociale pour une bureaucratie d’État naissante. Aussi différents que le tarot et les archives publiques puissent paraître — le premier assemble des cartes pour susciter l’intuition, tandis que les secondes organisent des documents à des fins de conservation — tous deux fonctionnent comme des ressources épistémologiques. En période de précarité, l’intérêt pour le tarot et les archives publiques s’accroît, car les gens cherchent à comprendre leur vie dans une perspective plus large. Tout comme le tarot sert de dépôt de significations symboliques et de sagesse ésotérique, les archives conservent les matériaux nécessaires à l’analyse des événements et à la construction de l’histoire. Le tarot et les archives se rejoignent donc dans leur capacité à éclairer le passé, à comprendre le présent et à planifier l’avenir.

Cette exposition présente une quinzaine d’artistes canadiens et internationaux, avec des œuvres datant des années 1990 à aujourd’hui : Kim Abeles, Lisa Anne Auerbach, Nin Brudermann, Jo Cosme, Shawna Dempsey & Lorri Millan, Ron Ewenin-Wapemoose, Brenda Fajardo, Lee Henderson, Mimi Khúc, Dogon Krigga, Jack Niven, Tomás Saraceno, Suzanne Treister et John Walter. Un jeu de tarot comprend généralement 78 cartes avec l’iconographie de la cour royale et de ses personnages, mais les artistes contemporains se sont écartés des conventions en créant leur propre imagerie. Les artistes utilisent la peinture, le dessin, la photographie, le collage, le texte et les outils numériques, et combinent parfois les cartes avec des éléments tels que des guides, des enregistrements audios et toute une panoplie d’objets occultes. Certains jeux de cartes font l’objet d’éditions artistiques limitées, tandis que d’autres sont publiés dans des tirages destinés à la grande distribution.

Les jeux de tarot de ces artistes sont liés aux archives publiques de plusieurs manières : en puisant des images et des matériaux dans les archives pour créer un jeu de tarot; en utilisant le tarot comme plateforme pour créer de nouvelles archives; en mettant en évidence des compétences et des perceptions basées sur le tarot qui sont également utilisées par les chercheurs en archives; et même en mobilisant les archives elles-mêmes en tant que dispositif oraculaire. Dans chaque cas, le tarot est plus qu’une simple méthode divinatoire. Les projets de ces artistes s’engagent dans des pratiques de décolonisation, d’activisme, d’éducation, de critique des médias et de construction de communautés afin d’aborder une myriade de questions urgentes affectant la vie contemporaine. Artists’ Tarot and the Archive révèle comment les jeux de tarot des artistes s’entrecroisent stratégiquement avec les archives publiques en tant que générateurs d’idées et de recherches sur l’histoire, la mémoire, la narration et la production de connaissances.

Portraits As Portals: Psychic Mediums Read An Unknown Artist (« Des portraits comme portails : des médiums lisent un artiste anonyme »)

Que peut-on savoir sur les artistes dont les noms ont été perdus au cours de l’histoire? Depuis 2018, DisplayCult invite des médiums professionnels à effectuer des lectures psychiques de portraits d’artistes anonymes souvent négligés dans les collections d’art public. Aucun détail sur les œuvres n’est fourni aux lecteurs à l’avance. Au cours des séances, les médiums sont invités à regarder à travers les yeux du sujet du portrait afin de recevoir des impressions sur l’artiste inconnu. Le portrait devient ainsi un portail par lequel le médium canalise des détails résonants sur la vie de l’artiste, sa manière de travailler, ses relations personnelles et sa position sociale. De la même manière que les médiums travaillent avec les services de police pour retrouver des personnes disparues, ce projet teste l’utilisation de la perception paranormale comme méthode d’investigation dans l’histoire de l’art.

Ce portrait non attribué fait partie de la Collection d’œuvres d’art du gouvernement de l’Ontario, gérée par les Archives publiques de l’Ontario. Le montage met en scène un tableau et des lectures réalisées en vidéo par des médiums qui ont tenté de reconstituer les détails de la vie de l’artiste inconnu qui a peint la toile. Si certaines lectures lèvent le voile sur des faits potentiellement vérifiables, elles se font le plus souvent au niveau affectif, transmettant des énergies et des sentiments sur les états émotionnels et les motivations de l’artiste, l’humeur de l’époque et l’ambiance de la scène. Les différentes lectures se chevauchent et diffèrent de façon intrigante, s’alignant parfois sur ce que suggèrent les études actuelles en histoire de l’art.


Jennifer Fisher et Jim Drobnick, Readings for an Unknown Artist (« lectures d’un artiste anonyme ») du « Portrait [femme assise en robe noire, Margaret Nelson ou Catherine Edithe (?) Brown], » 2024, portrait non attribué — vers 1900), huile sur toile, 86 cm x 71 cm/34 ½ po x 28 ¼ po, Collection d’œuvres d’art du gouvernement de l’Ontario, AC637417, vidéo couleur haute résolution, cycle de 5 lectures de 32:15 minutes. Médium représentée : Robin Cleland. Photo : DisplayCult.
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Jennifer Fisher et Jim Drobnick, Readings for an Unknown Artist (« lectures d’un artiste anonyme ») du « Portrait [femme assise en robe noire, Margaret Nelson ou Catherine Edithe (?) Brown], » 2024, portrait non attribué — vers 1900), huile sur toile, 86 cm x 71 cm/34 ½ po x 28 ¼ po, Collection d’œuvres d’art du gouvernement de l’Ontario, AC637417, vidéo couleur haute résolution, cycle de 5 lectures de 32:15 minutes. Médium représentée : Robin Cleland. Photo : DisplayCult.

Les séances enregistrées sur vidéo présentent également des performances convaincantes de médiumnité. Elles montrent l’intuition en tant que pratique incarnée, les lecteurs percevant et dépeignant les impressions subtiles qu’ils discernent au travers des peintures. Chaque lecture révèle une affluence fascinante de postures, de gestes et de pauses médiumniques, alors que les médiums voient, entendent, ressentent et sentent même, des aspects de la vie des artistes.

Les pratiques de canalisation documentées dans ce projet reflètent l’influence de longue date du spiritisme sur les conventions d’observation de l’art. Au début du vingtième siècle, ce sont des spirites travaillant dans le domaine de l’éducation muséale qui ont lancé l’exercice consistant à se connecter à des œuvres d’art originales dans le cadre d’une méditation séculière. La communication avec les œuvres d’art par le biais de ce type d’observation médiumnique, où la présence des œuvres d’art implique énergétiquement celui qui les regarde, se poursuit aujourd’hui dans les musées et fait partie intégrante de l’expérience artistique.

À propos des curateurs

Jennifer Fisher (Université de York) et Jim Drobnick (Université OCAD) forment le collectif de commissaires d’exposition DisplayCult, ils ont créé un cadre pour fusionner de manière créative disciplines, médias et publics afin de proposer des prototypes d’exposition et d’engagement artistique. Les projets de conservation comprennent Archives by Artists (« les archives publiques réinventées par les artistes ») des Archives publiques de l’Ontario, Portraits as Portals (« des portraits comme portails », Art Windsor-Essex et Agnes Etherington Art Centre), NIGHTSENSE (Nuit Blanche, Toronto), MetroSonics (Musée des beaux-arts du Canada), Aural Cultures (« cultures aurales », Walter Phillips Gallery), Odor Limits (« au-delà de l’odeur », Esther M. Klein Art Gallery) et Vital Signs (« signes vitaux », Leonard and Bina Ellen Art Gallery), parmi d’autres expositions (voir www.displaycult.com). Ils ont également fondé et sont les éditeurs du Journal of Curatorial Studies.

Remerciements

Nous remercions tout particulièrement tous les artistes dont les œuvres inspirantes figurent dans l’exposition Artists' Tarot and the Archive, ainsi que Kristy Apodaca du Tribal Vibes Wild Fire Healing Centre et Amanda Benesh de l’Heritage Community Association à Regina; Dawn Atienza et Eya Beldia de la Tin-aw Art Gallery à Manille; Jarad Buckwold et les Archives publiques de la ville de Winnipeg; Krista Hamlin et Kerry Logan du Museum London; Virginia Lupo du Pinksummer Contemporary Art à Gênes; Christina Pethick de la neugerriemschneider à Berlin; Richard Ravenhawke; et Juliana Zalucky de Zalucky Contemporary à Toronto.

Merci également à Heather Pigat, dont les conseils et le soutien ont facilité le prêt du portrait pour l’installation Portraits as Portals dans le cadre du tournage de la vidéo au Joan Goldfarb Study Centre de l’Université de York. Merci également à l’équipe de production de DisplayCult pour le projet Portraits as Portals : Renée Lear pour sa brillante vidéographie, son montage vidéo et son engagement continu dans le projet, et Hailey Kobrin pour son assistance impeccable à la production. Il est important pour nous de saluer l’ouverture d’esprit des médiums qui se sont pliés à cet exercice de recherche, et qui nous ont fait profiter de leur don hors du commun. Enfin, nous remercions l’esprit de l’artiste qui s’est manifesté lors des lectures pour sa précieuse collaboration. La recherche et la production de la vidéo pour l’exposition Portraits as Portals ont été soutenues par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada l’École des arts, des médias, de la performance et du design de l’Université York et la faculté des arts et des sciences de la OCAD University.

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